Sorti en juillet aux Etats-Unis, South Park-le film a été qualifié de «choquant», «obscène», «dégoûtant», mais également de «très drôle» par les critiques. Son succès a aussi alimenté une polémique sur la responsabilité d’Hollywood dans tout ce qui ne tourne pas rond dans la tête des adolescents américains, une obsession nationale depuis le massacre au lycée de Littleton.
Les parents auront noté que le «bip»
qui gomme les gros mots à la télé n’est pas requis
au cinéma. Laissés la bride sur le cou par le studio Paramount,
les deux créateurs de South Park entraînent leurs fans dans
les confins du «politiquement incorrect».
Depuis les débuts de la série sur la chaîne
câblée Comedy Central en août 1997, le blond Trey Parker,
29 ans, et son copain de fac du Colorado, Matt Stone, brun ébouriffé
de 27 ans, ont été surnommés les «Sex Pistols
de la télévision américaine».
Le duo a dû toutefois revoir certaines scènes
du long métrage à la demande du comité de classement
des films, composé de douze pères et mères de familles.
Frappé au départ d’un infamant «NC-17» (strictement
interdit aux moins de 17 ans : la mort commerciale) South Park est parvenu
à arracher un «R» (interdit aux moins de 17 ans non
accompagnés d’un adulte), sans toutefois compromettre l’esprit du
film.
Explications de Parker: «Ils nous ont demandé de remplacer la scène où les gamins voient sur l’Internet l’image d’une dame en train de faire une pipe à un cheval. Ils nous ont dit : “Pas de zoophilie!” Dans la nouvelle version, les garçons regardent une vidéo scatologique avec des dialogues horribles en allemand. On l’a fait parce qu’on savait que les membres du comité seraient obligés de regarder et seraient dégoûtés! On arrivait pas à le croire quand ils nous ont répondu: “Merci, c’est mieux comme ça”.»